Jacques Benveniste est mort

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Mots clés : Jacques Benveniste, mémoire de l’eau, molécules, médicaments, applications, homéopathie.

Cet article fait suite au décès de Mr Beneveniste en Octobre 2004. Nous aimerions rappler à nos lecteurs la chose suivante : il faut 1000 expériences pour confirmer un principe mais une seule suffit pour l’infirmer ! Et soyons sages de ne pas avoir raison trop tot, le reste du monde ne pourait comprendre.

Jacques Benveniste est mort

Par Eric FAVEREAU

Celui qui avait découvert une mémoire à l’eau il y a quinze ans est décédé, en paria de la recherche, ce week-end à Paris.

Jacques Benveniste, personnalité iconoclaste de la recherche biomédicale française, est mort ce week-end, des suites d’une opération chirurgicale à Paris. Il avait 69 ans.
Visage chaleureux, chercheur original, et au final un destin tragique. Jacques Benveniste restera l’homme d’une polémique. Dans laquelle il aura tout gagné. Et tout perdu. Tout gagné, car pour la première fois en 1988 une grande revue scientifique internationale, Nature, publiait le compte-rendu de ses recherches où il semblait mettre en évidence un phénomène totalement inexplicable, magnifiquement baptisé «la mémoire de l’eau». Benveniste affirmait, preuves à l’appui, «qu’un anticorps placé en solution aqueuse pouvait continuer à provoquer une réaction biologique, alors que la dilution atteint des taux tels que les chances de présence d’une seule molécule de l’anticorps dans la solution deviennent nulles». Résultat miraculeux, aux images magnifiques. Exemple: on laisse tomber une clé dans la mer à Brest, et à quelques centaines de kilomètres de là, de l’autre coté de la Manche, le souvenir d’une porte pourrait s’ouvrir. Comment ne pas rêver sur cette eau qui garderait ainsi toutes les traces du monde? Les aficionados des doses homéopathiques pouvaient au passage se frotter les mains de cette découverte, les labos homéopathiques ayant il est vrai financés en grande partie ses travaux.

Benveniste perdit tout, ensuite. La même revue fit peu après appel à deux enquêteurs -dont l’un était un illusionniste de renommé internationale- pour tenter de révéler des biais méthodologiques de l’expérience de notre chercheur. Démarche unique dans l’histoire des publications scientifiques. En tout cas, nos deux enquêteurs dénicheront quelques fautes méthodologiques qui pouvaient, à leurs yeux, expliquer ces incroyables résultats. Ce fut, alors, le début d’une guerre de religions. Benveniste se buta. Persista, se brouilla et s’isola de plus en plus en plus, pour endosser peu à peu les habits du paria comme la recherche scientifique sait parfois en coudre. On ne parlait plus de ces recherches, on ne parlait plus que de son tempérament obsessionnel. «L’erreur fait partie du processus scientifique. C’est parce que Newton s’est trompé qu’on a eu Einstein. Je suis ostracisé parce que j’aurais commis une erreur», s’insurgeait encore le biologiste, en 2000. Alors que la majorité de l’establishment scientifique de la planète s’était lassé de son combat, ce médecin immunologiste n’en démordait pas: «Mes expériences sont en voie de reproductibilité complète», assurait-t-il, une nouvelle fois. Jusqu’au bout, il continua. Perdant au passage la direction de son laboratoire de recherches à l’Inserm.

Jacques Benveniste n’avait pas toujours été un chercheur à part. Jusqu’à sa découverte contestée, il avait été l’un des scientifiques français les plus publiés en immunologie, sa spécialité de départ, et les plus appréciés. En 1971, sa découverte d’un facteur activateur des plaquettes sanguines l’avait même placé dans tous les manuels de médecine ainsi que sur la liste des nobélisables.

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