Sciences et technologiesLe tardigrade, résistance extrême et cryptobiose

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moinsdewatt
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Message non lupar moinsdewatt » 17/01/16, 19:57

L’Hibernatus tardigrade qui se réveilla après 30 ans de congélation à -20°C

16 janvier 2016

Les Tardigrades, ces microscopiques et indestructibles créatures capables de résister au froid extrême, à la déshydratation totale, au rayonnement et même au vide de l’espace peuvent apparemment être ravivés après avoir passé 30 années congelés. C’est ce que révèle une récente expérience menée par des scientifiques japonais.

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Les tardigrades, encore surnommés “oursons d’eau”, sont de minuscules extrêmophiles vivant dans l’eau qui sont capables de résister à certaines des pires conditions environnementales. Récemment, nous apprenions que le secret de leur invincibilité résidait en grande partie dans leur génome dont près de 18% est composé de l’ADN d’autres organismes, comme de plantes, de champignons, bactéries et virus.

Avant la nouvelle étude menée par des cryobiologistes de l’Institut national de recherche polaire (NIPR) à Tokyo, le record du monde pour “relancer” un tardigrade congelé était de neuf ans. Les échantillons ont été initialement collectés à la station de Showa en Antarctique en novembre 1983. Les chercheurs devaient récupérer de la mousse, qui s’est révélé contenir deux tardigrades (Acutuncus antarcticus) et un œuf. Les tardigrades congelés, avec l’échantillon de mousse, ont été ramenés au Japon où ils ont été stockés pendant 30 ans et six mois à une température de -20 °C.

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http://www.gurumed.org/2016/01/16/lhibe ... ation-20c/
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Christophe
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Re: Le tardigrade, résistance extrême et cryptobiose

Message non lupar Christophe » 14/04/17, 10:22

Une partie du secret de l'extrême résistance du Tardigrade expliqué par la Science: http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a ... -38361.php

(...)

Jusqu’ici, on pensait qu’en l’absence d’eau, les tardigrades survivaient grâce à un sucre, le tréhalose. Ce dernier est essentiel à de nombreux organismes comme les levures, les artémies (petits crustacés) ou certains nématodes pour résister à la dessiccation. On pense que le tréhalose se vitrifie, empêchant la rupture des organites de la cellule. Mais à l’heure actuelle, la présence de tréhalose chez les tardigrades n’est cependant pas confirmée ; certaines études rendent compte de faibles concentrations de ce sucre dans leur organisme, alors que d’autres n’en détectent pas du tout chez les mêmes espèces. Un autre mécanisme serait donc à l’œuvre pour protéger les tardigrades de la dessiccation.

Thomas Boothby et ses collègues sont partis de l’observation que si on les asséchait trop rapidement, certaines espèces de tardigrades mouraient, alors que dans le cas d’une dessiccation plus lente, elles survivaient. Elles avaient donc besoin de temps, probablement pour produire un facteur de protection. Or, il existe une catégorie de molécules, les protéines intrinsèquement désordonnées (PID), qui ont la particularité, contrairement à la plupart des protéines, de ne pas avoir de structure tridimensionnelle fixe. Chez le tardigrade, elles sont appelées TDP (tardigrade-specific intrinsically disordered proteins). Et lors de la dessiccation, les TDP sont produites en grande quantité chez de nombreuses espèces de tardigrades. Ces protéines étaient-elles ce facteur de protection recherché ? Les biologistes ont montré que c’était bien le cas. Lorsqu’ils ont bloqué l’expression de ces protéines, les tardigrades n’ont pas survécu à la dessiccation. Elles sont donc essentielles à leur survie dans cette situation. Il est toutefois probable que d’autres mécanismes entrent aussi en jeu pour protéger le tardigrade : ralentissement du métabolisme, réparation efficace de l’ADN qui aurait été abîmé…

(...)
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