S’équiper en équipements énergétiques performants pour réduire ses factures

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S’équiper pour alléger sa facture de chauffage publié dans « Le Particulier » n°995, décembre 2005

par Valerie Valin-Stein

Pourquoi faut-il investir dans les énergies renouvelables ou des procédés énergétiques plus efficients ?

La pénurie annoncée de pétrole et l’envolée des prix vont peser de plus en plus lourdement sur notre budget chauffage. Mieux vaut donc anticiper et investir des maintenant dans l’installation d’équipements économes en énergie.

De 0,39 euro le litre début 2004, le prix moyen du fioul domestique était passé a 0,68 euro fin octobre 2005 ( dernières statistiques du ministère de l’Industrie ), en augmentation de 74 %. Pour le gaz propane, l’évolution est de l’ordre de 27% sur la mémé période. Pour le gaz naturel, elle dépassera 30 % avec les hausses obtenues par Gaz de France. Cette flambée des prix n’est pas due à des restrictions temporaires de la production, comme ce fut le cas en 1973 puis en1980, mais a l’augmentation, sans doute durable, de la consommation mondiale de pétrole et de gaz ( notamment en Chine et en Inde ).

Ce qui signifie que les prix de ces énergies devraient rester longtemps a des niveaux élevés. Quant à électricité, dont le prix évolue comme l’inflation, elle demeure nettement plus cherre que le gaz naturel ou le fioul. Et la privatisation d’EDF, ajoutée au coût de renouvellement de ses centrales nucléaires, risquent de tirer ses tarifs vers le haut. Pour autant, votre facture de chauffage n’est pas inéluctablement condamnée à suivre ces courbes ascendantes.

« On pourrait, des aujourd’hui, construire des bâtiments qui consomment au moins quatre fois moins d’énergie », affirme Alain Borna rel, de Tribu, un bureau d’études en qualité environnementale dans le bâtiment. Alors qu’une maison conforme aux normes actuelles consomme environ 80 kWh/m2/an de chauffage, on sait construire des maisons qui se contentent de moins de 30 kWh. Ce qui représente, pour une habitation de 120 m2 chauffée au fioul, une différence de 400 euros par an. Reste qu’une telle performance ne s’obtient qu’avec des matériaux et des équipements élabores et complexes a mettre en œuvre, donc plus chers.

Le critère d’amortissement.

La question est de savoir si, et au bout de combien d’années, le surcoût initial sera compensé par les économies d’énergie induites, ce qui correspond au critère de «temps de retour sur investissement» (le surcoût divise par l’économie annuelle). Il en va de mémé pour une construction existante, dont il est possible d’améliorer l’isolation, ou de remplacer des équipements de chauffage anciens par d’autres moins consommateurs d’énergie. A quelque chose malheur est bon : plus l’énergie coûte cher, plus les économies possibles sont importantes, et donc plus ce temps de retour est court. Nous avons effectué tous nos calculs sur la base des tarifs prévisibles en 2006 et sur un « scenario catastrophe» envisageant une augmentation de 50% par rapport a 2005. Par ailleurs, le coût des équipements économisant l’énergie sera minoré en 2006 par rapport a 2005, avec l’augmentation du crédit d’impôt auquel ils donnent droit, lorsqu’ils sont installés dans un logement existant.

Ce crédit irait jusqu’à 50% pour des équipements tels que pompe à chaleur et chauffe-eau solaire. Toutefois, seuls les équipements et matériaux répondant a des caractéristiques précises donnent droit au crédit d’impôt, et les dépenses sont retenues dans la limite de 8000 euros pour un célibataire et de 16000 euros pour un couple marie ( plus 400 euros a 600 euros par enfant a charge ). Dans l’habitat neuf, individuel ou collectif, la réglementation (dite « réglementation thermique », ou RT 2000) impose une performance globale sur le plan de la consommation d’énergie, et laisse au constructeur le choix des moyens pour y parvenir : isolation renforcée, utilisation des apports solaires « passifs » ( par exemple en orientant les pièces à vivre à l’ouest ou au sud et en les dotant de baies vitrées ) ou recours a des modes de chauffage a faible consommation. Cette performance est exprimée par le rapport entre la consommation du logement et celle d’un logement de référence ( d’où l’expression « coefficient de référence », ou Cref ).

A compter du 1 septembre 2006, une nouvelle réglementation, dite RT2005, imposera aux logements neufs un Cref de 15 % inférieur a celui exige actuellement.

La prime au chauffage central.

L’option qui exige, au départ, le moins d’investissement pour le chauffage d’un logement neuf est le tout électrique, avec des panneaux radiants ( environ 150 euros l’unité ) ou un plancher chauffant électrique (de 30 a 35 euros /m2, plus revêtement de sol). En tout, entre 3 000 et 4500 euros pour une maison de 120m2. A l’usage, électricité est l’énergie la plus chère, mais il faut plusieurs années avant que cela compense la différence d’investissement initial avec les autres modes de chauffage. Par ailleurs, en changer revient fort cher. « On ne connaît pas l’évolution du coût des différentes énergies. Il faut donc être flexible, et pour cela faire installer un chauffage central », analyse Jean-Marie Carton, de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb). Comptez 300 euros l’unité pour des radiateurs de qualité et environ 65 euros /m2 (hors revêtement) pour un plancher chauffant hydraulique, soit 7800 euros pour une maison de 120 m2. Pour alimenter cette installation, une chaudière électrique coûte 1500 euros environ; une chaudière a gaz, 2700 euros; et une a fioul, 3000 euros pour un modelé gaz ou fioul dit basse température. Plus cherres (de 4 000 euros [gaz] a 5000 euros [fioul]), les chaudières « a condensation» tendent cependant a s’imposer : leur rendement est plus élevé (103 % a 107 % contre 95 % a 100 % pour les basse température), car elles récupèrent la chaleur des fumées d’évacuation; et elles bénéficieront, a partir de 2006, d’un crédit d’impôt de 40% (pour les modelés munis d’une attestation «CE de type »). Ce qui mettra leur prix net au niveau de celui des basses températures, pour lesquelles le crédit n’est que de 15 %.

Par ailleurs, une chaudière au gaz naturel devient plus avantageuse qu’une chaudière électrique après 2 a 3 ans, ce délai étant d’environ 10 ans avec le fioul. En logement existant, le remplacement d’un modèle traditionnel vieux de plusieurs années, dont le rendement est de 60% a 80%, par un modèle récent a haut rendement peut être rentabilise en 3 a 6 ans. Toutefois, l’eau de chauffage produite par une chaudière a condensation ou a basse température étant à une température plus faible que celle d’une chaudière classique, les radiateurs d’origine peuvent être sous-dimensionnes. Changer de chaudière n’est alors pas avantageux.

Lire la partie 2: investir pour réduire ses factures

 

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