Les emplois du développement durable

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Le développement durable source d’emplois en Europe ?

Le fort potentiel de développement des ENR en Europe et plus particulièrement en France devrait créer de nombreux emplois. Le seul doute subsistant concerne l’appui qu’apporteront les décisions politiques pour conforter cet essor.

Didier Mayer, président de l’European Renewable Energy Council, avait affirmé lors d’une interview à Actu-Environnement que le marché des énergies renouvelables, dont le taux de croissance atteint 40% par an pour l’éolien et le photovoltaïque, pourrait générer 1 million d’emplois en Europe d’ici 2010. Pour la France, les projections oscillent entre 75 000 emplois nouveaux, selon le syndicat des énergies renouvelables (SER) et 243.000 d’après le rapport du MITRE (Monitoring and modelling initiative on the targets for renewable energy). Aujourd’hui le nombre de personnes employées dans ce secteur tourne seulement aux alentours des 40.000.

Les énergies renouvelables sont à la fois l’occasion de renforcer une activité rurale menacée d’amenuisement (la moitié des petits paysans ont disparu au cours des dix dernières années) et une opportunité de développer de nouvelles industries tournées vers le monde, remarque le président du SER, André Antolini dans la publication du SER de Mars dernier.

La filière éolienne

L’énergie éolienne est l’énergie produite à partir de la force du vent sur les pales d’une éolienne. Lorsque le vent se met à souffler, les forces qui s’appliquent sur les pales des hélices induisent la mise en rotation du rotor. L’énergie électrique ainsi produite peut être distribuée sur le réseau électrique grâce à un transformateur.

Le potentiel éolien français est le deuxième d’Europe après la Grande-Bretagne. mais c’est actuellement l’Allemagne, le Danemark et l’Espagne qui concentrent près de 90 % de l’emploi européen dans le secteur de la construction d’éoliennes, indique le SER . Le ministre espagnol de l’économie a annoncé que près de 60000 emplois avaient déjà été créés en Espagne par l’industrie éolienne entre 1997 et 2003, ajoute-t’il.
Selon les associations professionnelles européennes EWEA, AEBIOM, EPIA et ESIF, la filière éolienne permet de créer de 15 à 19 emplois par MW de puissance installée.
Le SER estime qu’en 2010, si la France parvient à susciter la confiance des investisseurs dans sa politique de développement de la filière (ce dont on peut encore douter), environ 60 % des emplois créés par la fabrication et l’installation d’éoliennes sur le territoire, seront des emplois français.
Aujourd’hui, ce sont 2 000 emplois industriels qui se sont créés ou maintenus en France grâce au développement, pourtant encore modeste, de l’énergie éolienne, notamment chez les fabricants de machines français (Vergnet, Jeu mont, Cita…) mais aussi et surtout chez les fabricants de composants (Rollix, Leroy- S omer, Alstom. . . ).
Par ailleurs, pendant cette même année 2010, l’investissement éolien est estimé à environ 3 milliards d’euros (correspondant à l’installation de 1 758 MW terrestre et 660 MW maritime). Le SER considère que cela se traduirait au total par une création nette de 20000 emplois d’ici 2010.
Selon BTM Consult, d’ici à 2010 les industriels européens investiront au moins 50 milliards d’euros dans les aérogénérateurs qui viendront s’ajouter aux 25 milliards déjà investis. BTM Consult estime même que l’investissement annuel mondial de 8 milliards d’euros en 2003 devrait doubler d’ici 2010, atteignant un niveau équivalent aux investissements nucléaires, estimés entre 10 et 16 milliards d’euros par an en moyenne d’ici 2030.
EurObserv’ER indique que la filière européenne emploie aujourd’hui, directement et indirectement, plus de 80.000 personnes dans l’Union Européenne et estime qu’elle aura créé plus de 280.000 emplois entre 2000 et 2010.

La filière du bois-énergie

Les études récentes sur le sujet montrent que la filière bois énergie représente aujourd’hui quelque 25.000 emplois équivalents plein temps. Le bois énergie produit 9 millions de tep/an. C’est la première des sources d’énergie renouvelable thermique. i>Les perspectives de développement de cette filière représentent de l’ordre de 20.000 créations d’emplois dans les prochaines années, souligne le président du SER, André Antolini

La filière des biocarburants

Les biocarburants, considérés comme une source d’énergie renouvelable, désignent des carburants d’origine végétale (ester de colza par exemple). On distingue deux grandes classes de biocarburants :
– Les alcools, obtenus à partir de cultures riches en sucre ou en amidon (sorgho, betterave) : biothanol (éthanol) qui peut être utilisé à 100 % en remplacement de l’essence. Les plus grands utilisateurs d’éthanol sont le Brésil et les Etats-Unis.
– Les huiles, obtenues à partir des graines oléagineuses (colza, soja, tournesol) : ester d’huile végétale. La fluidification de l’huile permet d’obtenir ce que certains appellent le Biogazole, d’autres le Diester, d’autres encore le bioDiesel. Toutes ces marques commerciales recouvrent un seul et même produit : les esters méthyliques d’huile. Les huiles et les esters d’huile viennent en remplacement du gazole. Selon le Comité européen du biogazole (EBB), 1,7 million de tonnes de biocarburant ont été produites en 2003 (+ 30 %), dont 1,4 million de tonnes de biogazole à base d’huile de colza. L’EBB table à court ou moyen terme sur un doublement de la production et évalue à 2,2 millions de tonnes les capacités de production existantes. L’Allemagne était le premier producteur de biocarburant en 2003, avec 715.000 tonnes (+ 59 %), suivie de la France (360.000 tonnes) et de l’Italie (210.000 tonnes). L’Union française des industries pétrolières (UFIP) se déclare être en accord avec la directive européenne sur les biocarburants qui prévoit que leur part passera en 2005 à 2% et en 2010 à 5,75% de la consommation totale d’essence et de gazole. En outre, elle recommande de porter les efforts sur le développement du biogazole (diester de colza).

La production européenne (UE15) des deux filières, le biodiesel (82,2% des biocarburants) et le bioéthanol (17,8 %), a représenté en 2003 1.743.500 tonnes (équivalent à 1.488.680 tep). Selon les chiffres habituellement retenus (10 emplois par 1000 tonnes de biodiesel, 6 emplois par 1.000 tonnes d’éthanol) le nombre d’emplois créés ou maintenus en 2010 serait de 19.500 à 33.000 suivant les scénarios. Selon la Commission européenne, une proportion de 1 % de biocarburants dans la consommation totale de carburants fossiles crée entre 45.000 et 75.000 nouveaux emplois dans les zones rurales.

La filière du solaire thermique

L’énergie solaire thermique est l’énergie récupérée à partir de la lumière du soleil par des capteurs solaires thermiques vitrés pour assurer le chauffage direct de l’eau et des locaux. La chaleur concentrée par les panneaux est transférée à un fluide caloporteur. Quatre mètres carrés permettent de répondre aux besoins en eau chaude d’une famille de quatre personnes, pour un investissement moyen de 3 000 euros, et dix à vingt mètres carrés assurent le chauffage d’une maison individuelle. Un chauffage d’appoint reste nécessaire pour les périodes climatiques les plus défavorables.

L’essor de cette filière a été jusqu’à présent principalement basée sur trois pays, qui représentent 80 % du marché : l’Allemagne, l’Autriche et la Grèce. La France vise l’objectif d’un million de m2 installés par an d’ici 2010.
En 2004, elle devrait avoir installé sur son territoire de l’ordre de 75000 m2 de capteurs solaires thermiques, dont la moitié dans les DOM. Le total des emplois créés en France en 2010 serait de l’ordre de 10500 pour le SER.

La filière du solaire photovoltaïque

L’énergie solaire photovoltaïque désigne l’énergie récupérée et transformée directement en électricité à partir de la lumière du soleil par des panneaux photovoltaïques. L’effet photovoltaïque a été découvert en 1839 par Antoine Becquerel, grand père de Henri Becquerel qui découvrit en 1896 la radioactivité. Elle résulte de la conversion directe dans un semi-conducteur (le silicium, le CdTe, l’AsGa, le CIS, etc.) d’un photon en électron. Outre les avantages liés à l’absence de maintenance des systèmes photovoltaïques, cette énergie répond parfaitement aux besoins des sites isolés et dont le raccordement au réseau électrique est trop onéreux.

Le Livre Blanc de l’Union européenne a recommandé d’atteindre 500000 toits solaires en Europe en 2010, un volume d’activité qui représenterait près de 60000 emplois. La filière photovoltaïque représente aujourd’hui en Europe près de 15000 emplois et un chiffre d’affaires de l’ordre du milliard d’euros. l’objectif du Livre blanc qui s’élève à 3000 MW en 2010 restera difficile à atteindre face aux 572 MW installés aujourd’hui. Un objectif très réaliste de 2000 MW en 2010 représenterait déjà de l’ordre de 50000 emplois en Europe à cet horizon.
Le Syndicat des énergies renouvelables prévoit prudemment de l’ordre de 2 500 nouveaux emplois dans cette filière avant 2010, en soulignant que ce chiffre pourrait être multiplié par cinq, en cas de politique plus volontariste.

La filière du biogaz

Le biogaz est le gaz produit par la dégradation de la matière organique (y compris les papiers-cartons et les textiles naturels) en absence d’oxygène (anaérobiose). Rapportées à la tonne d’ordures, les émissions varient, selon les estimations et la composition des déchets, entre 100 à 400 NM3/tonne.
Le biogaz comprend du méthane (50 à 65%), du gaz carbonique (35 à 40 %) et d’autres gaz à l’état de traces (notamment malodorants à base de soufre et mercaptan). La présence de méthane confère un haut PCI (Pouvoir Calorifique Inférieur) au biogaz (environ 0.25 TEP). Selon le Département Britannique de l’Energie Calorifique, le PCI du méthane est de 38 MJ/NM3, celui du biogaz de décharge est de 15 à 21 MJ/NM3.
Il peut donc servir au fonctionnement énergétique de l’unité ou, après épuration, de carburant pour des véhicules adaptés, ou encore être intégré à un réseau de distribution de gaz naturel. À l’heure actuelle, deux utilisations sont éprouvées industriellement : combustion dans une chaudière (chauffage), ou dans un moteur produisant soit de l’électricité, soit de la chaleur et de l’électricité en cas de cogénération.

Les objectifs du Livre Blanc de l’Union Européenne, soit 15 millions de tep en 2010, restent cependant relativement hors de portée des efforts actuels. Si cette filière participe pour une part non négligeable au bilan des énergies renouvelables, elle crée peu d’emplois spécifiques, confie le syndicat.

La filière géothermie

La géothermie ou chaleur de la terre se présente sous forme de réservoirs de vapeur ou d’eaux chaudes ou encore de roches chaudes. Lorsque le réservoir géothermique est à une température modérée, cette ressource est exploitée pour de la production de chaleur distribuée par un réseau de chaleur. Elle est particulièrement développée dans les bassins aquitain et parisien pour le chauffage urbain. Lorsque la température du réservoir géothermique est plus élevée et permet de produire de la vapeur, il est possible de produire de l’électricité.

En 2010, on peut viser un objectif de 400000 installations – l’équivalent du parc suédois en 2001 – et un gisement d’environ 10000 emplois directs permanents.

Le président du SER conclu que les différentes filières des énergies renouvelables constituent un gisement d’emplois diversifié, pouvant accueillir tous les niveaux de compétences dans toutes les régions de France.

En savoir plus:
Forums développement durable
http://www.enr.fr
Actu-environnement.com

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