L’éco-économie

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FICHE SUR L’ECO-ECONOMIE
Livre de Lester R Brown Paris ed. du Seuil 2003

Nous vous proposons de commencer par le communique de presse qui a annoncé le 21/03/2001
Que LESTER BROWN se lançait dans une nouvelle aventure en abandonnant la présidence du world watch institute pour celle du Earth policy Institute.

Les noms des instituts concernés ne sont pas d’une traduction facile en français. Le World Watch institute pourrait être « l’ institut de surveillance du monde » mais c’est une traduction très policière pour un institut dont l’objet est la surveillance de l’environnement. Et le Earth Policy Institute deviendrait « l’ institut pour une politique de la terre ».

Le principal objet de la Politique pour la terre est d’intervenir sur le net par de petits articles et de promouvoir des livres tels que l’Eco-Economie. C’est ainsi qu’il n’y a pas un seul des chapitres qui donnent forme à ce livre, qui n’ait eté publié auparavant sous la forme d’une intervention via internet.

Résumé

Lester Brown soutient principalement que la déforestation, le surpâturage et la désertification, le surpompage et la surpêche constituent une surexploitation du capital naturel de la Terre. Il prédit aussi que le premier signe de problèmes sérieux dans notre relation avec les écosystèmes dont nous dépendons sera la montée en flèche du prix des produits alimentaires d’ici deux ans.

Méthode

Chaque chapitre est formé de résultats des veilles effectués sur internet selon un tableau de bord et sur des sujets bien precis. Dans ce livre on trouve déjà des tableaux récapitulatifs assez bien fait tel que celui de la page 136 :

Qui met en regard
– DES INDUSTRIES ECO-ECONOMIQUE EN DEVELOPPEMENT
– DES INDUSTRIES EN DECLIN DANS L’ECO-ECONOMIE

Vous pouvez retrouver le tableau de bord et les différents sujets de veille dans le rapport annuel du World Watch Institute. Les dernier en date a la bibliotheque du centre Pompidou est celui de l’année 2000 qui contient la description de la decouverte que le pole nord est devenu une zone liquide, et la description des nappes aquifères avec des statistiques sur les pompages et les pollutions par des produits chimiques.

Ce qui gène un peu le lecteur européen dans ce livre c’est que selon l’opinion générale les Européens sont très en avance sur les Etats-Unis. On peut citer le cas du Danemark dont l’énergie électrique consommée est déjà a 15% d’origine éolienne. Il y a aussi le problèmes des transferts fiscaux en faveur du développement durable qui on atteint 3% du budget de l’Europe .

L’Europe est considérée comme beaucoup plus avancée que les Etats-Unis en matière de transfert fiscal. Un des meilleur chapitre de l’eco-économie est le chapitre d’analyse des subventions versées par le gouvernement américain a des activités gaspilleuses en énergies.

Conserver l’avance de l’Europe.

Néanmoins le seuil de 3% n’a pas été dépassé nulle part alors qu’il est considéré comme un seuil psychologique.
Donc, je ne suis pas sur que Lester Brown tire de son livre les tableaux de veille qui pourraient nous être les plus utiles. Les remarques de Lester Brown ont pour but de faire que l’Amérique rattrape l’Europe et non pas que l’Europe conserve son avance.

La remarque qui nous a paru la plus importante est celle-ci :

« En dépit de ce corpus constitué de connaissances écologiques les Etats nationaux ont étendu l’activité économique au détriment du rendement durable et des équilibres fragiles de la nature. Durant le dernier demi siècle, l’expansion qui a multiplié par 7 l’économie mondiale a porté la demande envers les écosystèmes locaux au delà du rendement durable dans tous les pays. Le quintuplement de la prise de poisson dans le monde depuis 1950 a accru la demande sur la plupart des pêcheries océaniques au delà de leur capacité durable a produire du poisson. Le sextuplement de la demande mondiale de papier fait rétrécir les forêts du monde. Le doublement des troupeaux de bovins, de moutons et de chèvres depuis 1950 dégrade les pâturages et les transforme en déserts »

Il nous semble que c’est notre travail en Europe de tenir un tableau de veille sur les grands équilibres . Dans le World Watch ces statistiques forment un tableau de bord. C’est de ce tabeau de bord dont les anti-OGM devrait s’inspirer eux aussi.
• La pêche
• La foret
• L’élevage
• La population mondiale

Ce devrait être a l’Europe de sanctionner les Etats-Unis si ils ne respectent pas leur quota par exemple en matière de pêche ou de deforestation. Ce devrait être à nous de créer le système de prix qui donne aux américains une lecture intelligible de ce qu’ils doivent modifier pour éviter par exemple que recommence la grande panne électrique de New York. Nous ne devons pas nous laisser imposer des droits a polluer (cf Henri Goddard) mais les créer et non pas dans les domaines qui arrangent les USA mais dans les domaines qui les obligent à financer notre propre reconversion.

Selon Lester Brown si je comprends bien l’application du système de prix qu’il espère voir naître au sein de « la deuxième révolution industrielle de l’histoire humaine » la sanction économique des incroyables gaspillages de l’Amérique ne serrait même pas économiquement trop douloureuse pour eux qui conserveraient leur leadership y compris en payant une taxe sur leur différence de consommation en pétrole entre nous et eux.

C’est comme un système de banque mondiale qui quitterait Washington ou plutôt même Fort Knox au Tennessee (réserve fédérale américaine) pour venir ici en Europe avec des droits de tirages spéciaux qui ne consistent plus en dollars, mais en droits de pêches de forets ou d’élevage.

Un peu plus loin p178 on retrouve la nécessité de créer un impôt sur le pétrole pour financer la reconversion vers les énergies renouvelables. Or cet impôt , on l’a vu au moment de la guerre de l’Irak et à cause de la place centrale qui occupe les hydrocarbures ne pourrait être perçu et géré que par l’ONU.

Par enthousiasme j’ai recopié pour vous lecteurs de notre news la conclusion de Lester Brown message d’espoir :

« On me demande souvent s’il est trop tard. Ma réponse est : trop tard pour quoi ? Est-il trop tard pour sauver la mer d’Aral ? Oui ! La mer d’Aral est morte ; sa pêcherie s’est effondrée. Est-il trop tard pour sauver les glaciers du parc national des glaciers aux Etats-Unis ? Sans doute. Ils sont déjà a demi fondus, et il est pratiquement impossible maintenant d’inverser la hausse de la température à temps pour les sauver. Est-il trop tard pour éviter la hausse de la température provoquée par l’effet de serre ? Oui il est manifeste qu’un réchauffement dû à l’effet de serre est déjà en cours. Mais est-il trop tard pour éviter un changement de climat incontrôlable ? Peut-être pas si nous restructurons rapidement l’économie énergétique
Dans beaucoup de cas particuliers, la réponse est : oui il est trop tard. Mais il y a une question plus large, plus fondamentales : est-il trop tard pour inverser les tendances qui mèneront finalement au déclin économique ? Ici je pense que la réponse est non. Non si nous allons assez vite.»

L’ouvrage

de Lester, R. Brown, Denis Trierweiler (Traduction)
Langue : Français Éditeur : Seuil (5 septembre 2003) Collection : Économie humaine Format : Broché – 437 pages

Si les Chinois devaient consommer autant de papier et d’automobiles que les Américains, la Chine à elle seule utiliserait plus de bois et de pétrole que le monde n’est capable d’en produire. On sait bien que la généralisation de notre modèle de croissance est matériellement impossible. Mais aujourd’hui, plus qu’une inéluctable pénurie de ressources naturelles, les spécialistes redoutent surtout que nous soyons encore en mesure d’en consommer assez pour rendre la planète invivable. Peut-on échapper à l’impasse écologique où nous conduit un mode de développement fondé sur l’accumulation et la consommation matérielle ?

Les écologistes radicaux soutiennent que la seule issue de secours consiste à nous engager au plus vite sur la voie de la  » décroissance « . Devons-nous vraiment renoncer aux transports internationaux, aux grands magasins, au réfrigérateur et au téléphone portable pour survivre ? Telle est en réalité la question vitale du XXIe siècle. Quoique sans concession sur les impasses de notre mode de développement, ce livre ouvre une alternative à la décroissance et délivre une bouffée d’optimisme crédible.

Si nous acceptons la révolution mentale qui consiste à repenser l’économie en fonction de l’environnement, et non l’inverse, nous disposons dès aujourd’hui des moyens techniques nécessaires pour un développement durable. Les nouvelles technologies, les énergies renouvelables et non polluantes, les politiques de la ville, la reforestation, entre autres, sont autant de pistes aujourd’hui connues, expérimentées et maîtrisées qui dessinent la route vers une éco-économie, une économie écologique et soutenable. Ce livre dresse la carte et le mode d’emploi d’une telle route

Commentaires d’éconologie
Lester R. Brown est l’un des pionniers mondialement reconnu des recherches sur le développement durable. Il a fondé et présidé le célèbre World Watch Institute qui publie chaque année L’État de la planète publié en plus de 30 langues. Il est aujourd’hui président de l’Earth Policy Institute.

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