Classement des pays

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Un indice composite défini par des experts des universités américaines de Yales et Columbia et publié dans la revue « Nature », établit un classement mondial de 146 nations selon leur aptitude à préserver durablement l’environnement. La France ne prend que la 36e place de ce hit-parade, loin derrière la Finlande.

L’indice Environmental Sustainability Index ou ESI, établit des scores de « soutenabilité » (sustainability) des nations dans une démarche de « benchmarking » (seules des mesures relatives sont établies). Ainsi, un pays dont l’indice est plus élevé a plus de chances de pouvoir préserver son environnement dans le proche avenir.

L’indice ESI se fonde sur 76 variables de nature diverses (qualité des biens, subventions…). Celles-ci sont utilisées, selon une méthodologie propre, à calculer 21 indicateurs classés en 5 groupes :
– l’état des lieux (qualité de l’air, biodiversité, espaces naturels, qualité et ressource en eau) ;
– la limitation des pressions sur les milieux (pollution de l’air, eau, forêt,…) ;
– la réduction de la vulnérabilité humaine (santé, nutrition, catastrophes naturelles,…) ;
– la capacité de réponse institutionnelle (réglementation, connaissance, gouvernance,…) ;
– le positionnement international (conventions et engagements internationaux, coopération…).

L’indicateur ESI est alors la simple moyenne de ces 21 indicateurs.

Toutefois, ceux-ci n’ont pas la même signification que les indicateurs français de développement durable, dont l’objectif est plutôt de sélectionner certaines variables clefs pour les 3 piliers du développement durable (environnement, économie, social et sanitaire).

Alors, que nous apprend le classement ?
Les 5 premiers pays : Finlande, Norvège, Uruguay, Suède et Islande, (à part l’Uruguay qui, peu industrialisé, ne subit pas de forte pression environnementale) sont des pays très développés qui ont d’importantes richesses naturelles, une économie forte et une faible densité de population. De plus, chacun d’eux a déjà eu l’occasion de démontrer sa capacité à faire face aux défis du développement.
Selon l’étude, ce n’est pas le cas pour les 5 derniers pays du classement : Corée du Nord, Irak, Taïwan, Turkmenistan, et Uzbekistan, dont les institutions politiques sont présentées (sauf pour Taïwan) comme faibles et ne permettant pas de prendre les décisions de nature à résoudre les nombreux problèmes environnementaux liés aux risques naturels ou aux activités humaines.

Les Etats-Unis se placent en 45ème position, juste derrière les Pays-Bas et avant le Royaume-Uni. Ce rang reflète à la fois des bonnes performances américaines sur la qualité de l’eau et la protection de l’environnement, mais aussi de résultats plus médiocres liés notamment aux émissions de gaz à effet de serre.

La France se place quant à elle à la 36e place (11e pour la seule Union européenne) au sein d’un groupe de pays à forte densité de population, dont la capacité institutionnelle est néanmoins supérieure à la moyenne.

Contrairement à une mauvaise réputation générale due à la déforestation, certains pays d’Amérique latine tirent leur épingle du jeu, notamment l’Uruguay qui se place en 3e position grâce à une biodiversité qui demeure d’une grande richesse.

Le Gabon est le premier pays Africain (12e). C’est surtout celui qui est le moins susceptible de subir une forte dégradation de son environnement à court ou moyen terme : les nombreuses données recueillies sur ses ressources naturelles lui ont valu le 3e rang pour l’état des lieux, même si en tant que pays en développement, sa capacité institutionnelle reste en dessous de la moyenne.

L’étude confirme des critères déterminants de la performance environnementale : la faible densité de population, la vitalité économique, la bonne gouvernance.
Le revenu national, quant à lui favorise (sans la garantir) une bonne gestion environnementale : tous les pays en tête de classement sont relativement prospères. Toutefois, quel que soit leur niveau de développement économique tous les pays sont confrontés à des problèmes environnementaux : certains choisissent de les régler, d’autres pas… Il n’existe aucun déterminisme en la matière, de même qu’ aucun pays n’est très bon ou très mauvais dans tous les domaines.

En dépit des inconvénients liés à tout indicateurs composite, qui peuvent tenir à l’indisponibilité de certaines données et surtout à la difficulté d’agréger des variables dont les impacts peuvent être très différents selon les pays, l’ESI constitue un instrument pour la comparaison des politiques environnementales.
A une époque ou les chiffres se sont imposés dans les processus décisionnels, évaluer la performance environnementale n’est pas sans intérêt pour promouvoir le développement durable…

En savoir plus :
Site officiel The Environmental Performance Measurement Project (en anglais)
Lire l’intégralité de l’étude (format PDF – en anglais)
Références de l’étude :
Esty, Daniel C., Marc A. Levy, Tanja Srebotnjak, and Alexander de Sherbinin (2005). 2005 Environmental Sustainability Index : Benchmarking National Environmental Stewardship. New Haven, Conn. : Yale Center for Environmental Law & Policy.

Source : Ministère de l’Ecologie et du développement durable

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